« Il faut savoir s'adapter dans ce métier et ça, ce n’est pas nouveau ! »

Maud, Professeur des écoles sur 3 classes

Au début, il a fallu faire un gros travail pour pouvoir avoir un contact avec tout le monde : avoir les adresses emails, appeler les familles quand ce n’est pas le cas…On n’a pas été préparé à ce cas de figure d’enseignement à distance. Chaque enseignant n’est pas forcément bien équipé personnellement ou même bien formé sur le numérique. Il aura plutôt fallu se débrouiller par nos propres moyens. Un jour, une de mes collègues a envoyé à un parent un email qui m’était destiné. Rien de grave mais c’est difficile de ne pas commettre d’erreurs quand on converse avec une bonne trentaine de parents (parfois plus dans mon cas car je suis sur trois classes), même quand on se relit plusieurs fois…

Et puis, il a fallu se concerter entre collègues car je suis sur trois classes et chaque collègue n’envisage pas le travail à distance de la même manière. Nous assurons des permanences à l’école pour un dépôt papier auprès des familles sans accès aux outils numériques. 

Enfin, il a fallu que je m’organise avec mes enfants et mon conjoint : qui s’occupe des enfants, qui télé travaille, qui part travailler ? Je fais aussi des permanences auprès des enfants de soignants et mon conjoint a dû être aussi en présentiel de son côté. 

On ne compte pas ses heures de travail quand on est instit, mais encore moins quand on est instit confinée ! Et pourtant on culpabilise de ne pas pouvoir faire plus pour eux. Enseignants comme parents, on dépense tous beaucoup d’énergie dans l’intérêt des enfants. Il faut savoir s’adapter dans ce métier et ça, ce n’est pas nouveau !