Enseigner ce que l’on est

Qu’est ce qu’être enseignant en France aujourd’hui?

Jean Jaurès disait « On n’enseigne pas ce que l’on sait ou ce que l’on croit savoir : on ne peut enseigner que ce que l’on est. »

Pour comprendre la réalité de l’enseignement en France aujourd’hui, il est intéressant de se plonger dans l’enquête internationale TALIS de l’OCDE (Teaching And Learning International Survey) qui recueille les données sur l’environnement pédagogique et les conditions de travail des enseignants dans les établissements scolaires.

Voici quelques éléments clefs de cette étude :

  • En France, très peu d’enseignants estiment que l’enseignement est socialement valorisé (5 % contre 31 % en moyenne), contrairement à leurs collèges de Finlande, de Corée du Sud et de Singapour (plus de 50 %).
  • Les enseignants français expriment un fort sentiment d’efficacité professionnelle, encore davantage s’ils pratiquent les méthodes d’enseignement « actives ». Mais ils ont tendance à exercer leur activité essentiellement de manière individuelle et selon des schémas assez traditionnels.
  • Ils recourent moins que leurs homologues des autres pays au travail en petits groupes (37 % contre 47 % en moyenne), à la mise en place de projets (24 % contre 37 %), à l’utilisation du numérique (22 % contre 27 %). Ils déclarent moins utiliser des méthodes pédagogiques différenciées selon le niveau des élèves (22 % contre 44 % en moyenne).
  • Ils déclarent volontiers discuter des progrès de leurs élèves et échanger du matériel pédagogique avec leurs collègues. Participer à une action collective de formation professionnelle, utiliser des barèmes communs d’évaluation sont des pratiques en général moins répandues que dans les autres pays. Des pratiques collaboratives, comme observer le travail de leurs pairs ou intervenir en classe à plusieurs, sont encore rares.
  • Enfin, ils sont moins formés que dans les pays de l’OCDE qui réussissent le mieux dans les tests PISA. Retrouvez à ce sujet la note de la DEPP sur le déficit de formation professionnelle.